Espaces de réception

Comme toute résidence royale ou impériale, le palais de Compiègne comporte de vastes espaces communs indispensables à la vie de cour : antichambres et galeries d'apparat desservant les appartements de l'Empereur et de l'Impératrice, galerie de bal, chapelle.

Galerie des Colonnes

 

A l'origine résidence royale dès l'époque mérovingienne, le palais de Compiègne sera agrandi et modernisé sur volonté de Louis XV. Le Grand projet de reconstruction imaginé par l’architecte Ange-Jacques Gabriel en 1751 aboutit à la création de l'un des monuments les plus emblématiques de l'architecture néoclassique française. Son plan original, de forme triangulaire, nait de la contrainte d’un site implanté à la limite des fortifications de la ville. A l’ intérieur, l'architecte privilégie de grands volumes équilibrés, largement éclairés par de hautes fenêtres, comme la Galerie des Colonnes, qui servait avant tout de hall d'accueil.

Cette vaste salle de 53,60 m sur 12 m, dénommée Grand vestibule sous le règne de Louis XVI puis salle des Colonnes depuis 1894, répond à l’ordonnance de la colonnade fermant la cour d’Honneur sur laquelle elle s’ouvre. Galerie vide au XVIIIe siècle, illustrant ainsi la « noble simplicité » renforçant la majesté des lieux, elle est ornée sous le Premier Empire d’un ensemble sculpté d’après l’antique ou au caractère exotique : huit bustes d’empereurs et impératrices romains, bustes d'africains et mores. De l’Empire datent également le poêle sur lequel a pris place une statue d’Adonis moulée d’après l’antique et les quatre lanternes aux lampes à huile.

 

Palais de Compiègne, salle des Colonnes
Escalier d'honneur

 

L’escalier principal du château, doté d’une double volée de marches, était celui du roi. Au sein du grand corps de bâtiment du fond de la cour d’honneur, il se trouve au centre, dans l’axe de la porte d’entrée. Ses motifs décoratifs développent les symboles monarchiques : le sceptre, la main de justice, les branches de laurier et les feuilles de chêne.

Les Deux Empires complètent l'ensemble décoratif.

De 1787 date la rampe en fer forgé, exécutée par Raguet, un serrurier de Compiègne, sur les dessins de l’architecte Louis Le Dreux. Le plafond était alors beaucoup plus bas, il fut surélevé durant le Premier Empire et redécoré entre 1808 et 1810, date à laquelle il est peint par l’atelier Dubois et Redouté.

Sur le premier palier on mit en place, à la même époque, deux moulages d’antiques : à droite celui de la statue d’un prince de la famille julio-claudienne, à gauche celui d’Antinoüs, favori de l’empereur romain Hadrien.

Du Second Empire datent d’autres oeuvres ornant encore de nos jours le grand escalier : un grand sarcophage gallo-romain, acheté par Napoléon III, grand passionné d'archéologie, ainsi que des torchères en noyer représentant un Faune et une Faunesse, sur le palier supérieur, sculptées en 1 868 par Allard. Avec les bras de lumière répartis sur les trois parois de la cage d’escalier, elles illustrent l’effort de modernisation entrepris alors afin d’adapter le château aux nécessités d’une vie de cour moderne.

 

Palais de Compiègne, escalier d'honneur

 

Salle des gardes

 

Le grand escalier d’honneur débouche sur le vaste volume de la salle des Gardes, couverte d’une voûte, éclairée par de hautes fenêtres et des lucarnes.

Le thème militaire du décor de cette pièce donnant sur la cour d’honneur est très affirmé : l'architecte Le Dreux y a exalté la gloire militaire et le triomphe des armées de la monarchie française engagées aux côtés des insurgés américains.

 

Les pilastres rythmant les murs sont ornés de lances, la corniche qui les surmonte de gueules de lions traitées sous forme de casques empanachés alternant avec des fleurs de lys rayonnantes. Sur trois de ses côtés, entre ces pilastres et en-dessous de la corniche, dix bas-reliefs sculptés par Pierre-Nicolas Beauvallet (1750-1818) ont été inspirés par les exploits d’Alexandre le Grand. Le même artiste a exécuté les grandes figures en haut relief qui viennent encadrer un médaillon dans les tympans au-dessus des deux portes situées aux extrémités de la salle. Du côté de la chapelle on reconnaît Hercule aux pieds duquel est couché Cerbère et la Victoire. Du côté de l’antichambre, se trouvent Minerve et Mars auprès duquel se tient le coq gaulois.

Au XVIIIe siècle, la pièce n’était meublée que de quelques banquettes de bois peint et de paravents. Les lustres qui l’éclairaient, dont les branches prenaient l’aspect de canons d’où sortait de la fumée, ont hélas disparu comme le décor peint du plafond et des ébrasements de fenêtres. L’horloge fut mise en place sous l’Empire, entre 1812 et 1814. Le décor peint qui l’environne est l’œuvre de l’atelier Dubois et Redouté. Sous le Premier Empire, la salle devient Galerie des ministres et présentait les portraits en pied de dix des ministres du régime. Sous le Second Empire, les parois étaient ornées de panoplies d'armures et d'armes fictives.

 

 

Palais de Compiègne, salle des gardes (décor réalisé sous Louis XVI)
Antichambre du Roi et de la Reine

Antichambre commune aux appartements des souverains, c'est à partir de cette pièce que se faisait la distribution du château. Les portes, de part et d'autre de la cheminée, donnent accès, à gauche, à l'appartement du monarque et, à droite, à celui de la souveraine. L'extrémité en cul-de-four de la pièce, due au plan triangulaire de l'édifice, permet de rattraper, selon une audacieuse trouvaille de l'architecte Le Dreux de La Châtre, la jonction des corps de bâtiment entre cour d'honneur et parc.

 

Antichambre, puis salon des Huissiers sous les Premier et Second Empires, la pièce était simplement meublée : rideaux de coton blanc, banquettes et tabourets en bois peint, couverts de velours vert.

La cheminée en marbre rouge du Languedoc est un remploi de l'ancien château du XVIIe siècle.

Face aux fenêtres, le grand tableau représente le Triomphe de la Marine ou Neptune offrant à Louis XIV l’Empire de la mer. Commandée par Louis XIV en 1684 au peintre Pierre Mignard, cette allégorie représente l'hommage de la mer au roi : Neptune sur une conque, armé de son trident et entouré des divinités de son Empire, offre une couronne garnie de coraux à la Victoire ailée tenant une bannière à l'effigie du Roi Soleil. En dessus de cheminée, le Portrait de Louis XVI en costume de sacre par Antoine Callet a été mis en place en 1967 dans l'esprit du projet de Le Dreux qui souhaitait y mettre «un portrait en pied du Roi».

 

Palais de Compiègne, antichambre du Roi et de la Reine
Escalier d'Apollon

 

Ancien Grand degré de la reine, cet escalier desservait à la fois l’appartement de Marie-Antoinette (futur appartement du Roi de Rome), en traversant deux antichambres et le couloir dit « petite galerie du granit », et les appartements des enfants de la reine (futur appartement double de Prince sous le Premier Empire).

Achevé en 1784, l’escalier est construit d’après les dessins de l’architecte Le Dreux de La Châtre, ancien collaborateur d’Ange-Jacques Gabriel, et sa rampe en fer forgé, réalisée par le serrurier compiégnois Raguet, est posée en 1786.

L’installation d’un moulage de l’Apollon du Belvédère et d’un poële au fond de la niche du palier a donné son nom à l’escalier à partir du Premier Empire.

 

Palais de Compiègne, escalier d'Apollon

 

Antichapelle

 

Ce salon précédant la chapelle a fait preuve d’une grande permanence dans son ameublement. Les tapisseries de la tenture des Chambres du Vatican ont été tissées à la manufacture des Gobelins sous le règne de Louis XIV.

Les tapisseries de l'antichapelle reprennent les célèbres peintures exécutées à Rome par Raphaël : La Messe de Bolsène, Héliodore chassé du temple, venant encadrer la porte de la chapelle et l’Aile gauche de la Bataille de Constantin avec l’Aile droite de la Bataille de Constantin du côté des fenêtres. Elles illustrent certaines des heures fondatrices de l’histoire religieuse judéo-chrétienne : la défense du trésor du temple de Jérusalem, Constantin le Grand qui prend l’édit de Milan en 313, le miracle de l’hostie saignante de 1263.

La tenture orne ce salon depuis le Premier Empire et l’encadrement des tapisseries par des moulures de bois doré remonte au Second Empire.

Les grands vases en porcelaine de Sèvres posés sur des consoles de part et d’autre de la pièce se trouvaient au château sous le Premier Empire.

 

Palais de Compiègne, antichapelle
Chapelle

 

L’état des finances royales à la fin de l’Ancien Régime ne permit pas de réaliser un projet monumental de grande chapelle à plan centré. A défaut, une chapelle provisoire prit place dans le corps de bâtiment du fond de la cour d’honneur. Le Premier Empire confirme son emplacement actuel.

Sous la Monarchie de Juillet, la chapelle est transformée afin d'accueillir un événement exceptionnel : c’est sous sa voûte que fut célébré le mariage de la princesse Louise d’Orléans, fille aînée du roi Louis-Philippe, et du premier roi des Belges, Léopold Ier, le 9 aout 1832.

La Monarchie de juillet a réaménagé les tribunes et fait installer en 1837 le grand vitrail exécuté à la manufacture de Sèvres sous la direction de Ziegler.

Dans ce petit édifice de type palatial le mobilier de la tribune, réservé aux souverains, est de bois doré. De simples banquettes et tabourets en noyer ou en bois peint prennent place à l’étage inférieur.

Plusieurs peintures des écoles françaises, italiennes et nordiques en décorent les murs. Parmi elles, Moïse sauvé des eaux par Giovanni-Francesco Romanelli provient des appartements d’été de la reine Anne d’Autriche au Louvre.

 

Palais de Compiègne, chapelle

 

Peintures

 

Rez-de-chaussée, bas côté gauche :

P. C. Delorme, Figure de Vierge sur fond doré (dessus)

Charles Mellin, Saint Barthélemy

 

Rez-de-chaussée, mur gauche :

Luigi Miradoni, Apparition de la Vierge au bienheureux Félix de Cantalise

Valerio Castello, Le Repos de la Sainte Famille (au milieu)

Sebastiano del Piombo, d’après, La Visitation

Raphaël, d’après, La Bataille de Constantin (au-dessus de la porte)

 

Rez-de-chaussée, bas côté droit :

Sebastiano del Piombo, Saint Antoine ermite entendant l’appel de saint Paul (huile sur bois)

Giovanni dal Sole, Madeleine pénitente

 

Rez-de-chaussée, mur droit :

Romanelli, Moïse sauvé des eaux, provenant de l’appartement d’été d’Anne d’Autriche au Louvre

Pierre-Narcisse Guérin, Sainte Geneviève, commande de la couronne en 1824 (au milieu)

Burrini, Le Martyre de sainte Victoire

 

Autel : en marbre avec décors en cuivre ciselés par Thélène

Louis Ducis d’après Le Sueur, Jésus portant sa croix (au-dessus)

Porte du tabernacle : Merry-Joseph Blondel, Assomption (huile sur toile)

 

Étage, mur droit :

Padovino, La Lutte de Jacob et l’ange (au milieu du mur)

Nicolas Poilly, Jésus mis sur la croix (en bas)

Charles de La Fosse, La Vierge, Jésus et saint Jean (en haut)

 

Etage, bas côté droit :

Luini, d’après, Sainte Catherine et deux anges (en bas)

Véronèse, d’après, Le Repas chez Simon (en haut)

 

Romanelli, Moïse sauvé des eaux, chapelle du palais de Compiègne
Sculptures

Moulages de statues de marbre exécutées par François Anguier (1604-1669) pour le monument funéraire de la famille de Longueville (Paris, Eglise des Célestins).

1er étage : L’Espérance et La Charité.

Rez-de-chaussée : La Foi et La Religion.

Salon des Revues

 

Comme la galerie de bal, le Salon des Revues est créé sous l'Empire. Donnant accès à la Galerie Natoire, construite sous le Second Empire, et à l'antichapelle, la pièce sert d'antichambre à la salle de bal. Elle doit son décor de faux chêne au Second Empire ; Napoléon III décida de l’orner avec deux œuvres illustrant la légende napoléonienne, encastrées dans la boiserie.

 

Face à La Revue nocturne, œuvre de Féodor Dietz (1813-1870), toile ovale s’inscrivant dans un panneau rectangulaire du côté de la galerie de bal en 1856, est accrochée La Revue des ombres de Victor Giraud (1840-1871) exécutée en 1864. Dans les deux compositions, l’ombre de l’Empereur émergeant dans un halo lumineux domine avec sérénité une charge de cavalerie.

 

Dietz, La Revue nocturne, huile sur toile, 1853, Palais de Compiègne

 

Galerie de bal

 

Créée sous le Premier Empire, cette galerie aux élégantes proportions (45m de long, 13 de large et 10 de haut) fut réalisée très rapidement : ordonnée fin 1809, elle servit dès le printemps 1810. Dessus de porte et peintures de la voûte exaltent l'Empire, offrant une évocation des principales victoires de Napoléon Ier.

Sous le Second Empire, on y installe deux statues de marbre acquises par Napoléon III, représentant Napoléon Ier d’après Chaudet et Madame Mère d’après Canova. La galerie sert alors de salle à manger d’apparat lors des Séries. Entre 1914 et 1917, elle abrite un hôpital militaire.

Quatre bas-reliefs dus à Charles-Auguste Taunay ornent les dessus de porte. Par le biais des anciens dieux sont évoqués les bienfaits du nouveau régime napoléonien. Du côté de la galerie des cerfs sont représentés, à droite, Jupiter assisté par Minerve accorde son pardon aux villes conquises, et à gauche, Mars de retour en France y ramène l’Abondance et la Victoire. Ceux surmontant les portes de l’antigalerie de bal montrent à droite Apollon vient ranimer la terre en lui présentant les arts. A gauche Hercule met en fuite les criminels et place l’Innocence sous la protection de la Justice, femme drapée tenant en main le «Code français».

La peinture décorative confiée à l’atelier Dubois et Redouté fut réalisée en 1811-1812. La voûte en berceau offre à elle seule un résumé des victoires de l’Empire, clairement énoncées : la Moskowa (1812), Iéna (1806), Austerlitz (1805), Arcole (1796), les Pyramides (1798), Wagram (1809), Rivoli (1797), Friedland (1807), la capitulation d’Ulm (1805), la campagne d’Egypte (1798-1799).

Les tympans furent commandés à Girodet en décembre 1814, après la chute de l’Empire, pour remplacer les armes impériales qui s’y trouvaient. Sont représentées La Danse des Grâces présidée par Apollon du côté de la chapelle et La Danse des Nymphes présidée par le Dieu Pan, de l’autre.

 

 
Palais de Compiègne, galerie de bal
Galerie Natoire
 

Seule partie du château construite au second Empire, la Galerie neuve dite « Galerie Natoire » fut édifiée en 1858 par l’architecte Ancelet, à l’emplacement prévu par Jacques-Ange Gabriel pour y construire une chapelle. Sous le Premier Empire on avait projeté à cet endroit un théâtre qui ne fut pas construit ; il sera aménagé seulement sous le règne de Louis-Philippe à la place du Jeu de paume. Le Second Empire quant à lui édifia un théâtre impérial, de l’autre côté de la rue d’Ulm qui ne fut jamais achevé.

Coupant la cour des Cuisines, la longue et claire galerie servait aux soirées, et en particulier aux concerts pendant les séjours des séries de Compiègne voire de salle à manger quand les invités étaient peu nombreux ; elle pouvait également être un lieu de passage vers le théâtre impérial alors en construction. Elle est meublée de deux consoles Empire qui supportent des vases de Sèvres datés de 1867. À chaque extrémité de la galerie se trouve une antichambre.

 

Le décor, achevé en 1859, est essentiellement constitué par des peintures de Charles-Joseph Natoire (1700-1777) sur le thème de Don Quichotte. Il s’agit de neuf compositions apportées et mises en place à Compiègne en 1849, conformément aux ordres et crédits donnés par le roi déchu, Louis-Philippe, dix ans avant la construction de la galerie. Peintes par Natoire de 1733 à 1744, elles devaient servir de cartons de tapisseries pour une tenture, en un unique exemplaire, exécutée à la manufacture de Beauvais et qui est aujourd’hui conservée au musée d’Aix-en-Provence. Non seulement ces cartons sont une commande à l’artiste du financier Grimaud du Fort, comte d’Orsay qui en avait décoré la salle de billard de son château d’Orsay, mais il a également choisi le thème. Le roman de Cervantès était à cette période très apprécié en France. Il fut souvent illustré : Charles-Antoine Coypel réalisa vingt-huit cartons pour les Gobelins. Natoire contrairement à Coypel a représenté exactement les épisodes du roman ; il a cherché à rendre l’esprit du roman en créant une distance entre les rêves de générosité et de grandeur du chevalier de la Manche et la lourdeur et la trivialité du quotidien : Sancho épie son maître désarmé par deux jeunes filles, l’embonpoint de Sancho… Cette galerie est ainsi le témoignage de la réhabilitation par le Second Empire de la peinture du XVIIIe siècle.

 
Palais de Compiègne, galerie Natoire
 
Galerie des Cerfs

 

Durant le Premier Empire la pièce a joué le rôle d’antichambre de l’appartement de l’Impératrice. Elle a accueilli les cartons de tapisserie de l’histoire de Don Quichotte par Natoire, puis les Cerfs après le combat et le Combat des cerfs de Kuytenbrouwer.

Elle évoque aujourd'hui le mariage de Louise, fille de Louis-Philippe, avec Léopold Ier, premier roi des Belges, qui eut lieu à Compiègne durant la Monarchie de Juillet.

Les travaux d’aménagement achevés en 1851 sont à mettre au compte de la Monarchie de juillet époque à laquelle remonte le mobilier, notamment les deux buffets d’acajou entrés en 1847.

Souvent oubliée entre les deux empires, la Monarchie de Juillet occupe pourtant une place importante dans l’histoire du palais de Compiègne. Par ses nombreux séjours, la cour y a maintenu une véritable continuité, manifestant ainsi son attachement à la demeure. C’est l’époque de la modernisation et de la mise au goût du jour de plusieurs pièces, avec la construction du Petit Théâtre et les transformations définitives de la chapelle. Ces travaux ont été réalisés à l’occasion du mariage de la princesse Louise d’Orléans avec le premier roi des Belges Léopold Ier en août 1832. L’événement a récemment été évoqué lors d’une exposition-dossier en 2007-2008, et avec la présentation des portraits de la famille d’Orléans restaurés par la Fondation BNP-Paribas et l'Association des Amis du château.

 

Claude-Marie Dubufe, Portrait de Louise d'Orléans, reine des Belges, huile sur toile, Salon de 1837, Palais de Compiègne
Salon du Billard
 

Cette pièce, attenante à l'antichambre de l'appartement de l'Impératrice (actuelle Galerie des Cerfs), a servi de salle de billard depuis le Premier Empire. L'impératrice Marie-Louise aimait beaucoup y jouer et disposait de deux billards, l'un dans cette salle et l'autre dans son Salon de musique.

Cette pièce présente aujourd'hui des meubles du Premier Empire ainsi qu'un ensemble de tableaux et de porcelaines de l'époque Louis-Philippe.

Outre les travaux engagés pour Compiègne, la Monarchie de Juillet est l'occasion de commandes pour la résidence. Soucieux de maintenir le rayonnement de la manufacture de Sèvres, les souverains commandèrent beaucoup pour Compiègne : sont demeurées de cette époque 80 pièces dont une majorité de vases et quelques éléments de service.

Sur le mur du fond, le grand tableau par Joseph-Désiré Court représente le mariage de Louise d'Orléans et Léopold Ier, roi des Belges, le 9 août 1832 dans la chapelle du palais de Compiègne. Commandée en 1833 par le Louis-Philippe, la scène représente tous les membres de la famille royale ainsi que des personnalités importantes à la cour.

 

Court, Mariage de Léopold Ier, roi des Belges, et de la princesse Louise d'Orléans, huile sur toile, 1837, Palais de Compiègne
Galerie des Chasses
 

Ancienne galerie des tableaux de l'appartement de l'Impératrice, cette galerie présente aujourd'hui six tapisseries provenant de l'appartement de Louis XV à Compiègne, tissées aux Gobelins entre 1736 et 1746 d'après les cartons de Jean-Baptiste Oudry. Elles figurent les Chasses de Louis XV en forêt de Compiègne, de leur préparation à leur déroulement et à la mort du cerf.

 

Grand amateur de chasse, Louis XV revenait à Compiègne chaque été, afin de profiter de sa forêt giboyeuse : l'ensemble décoratif de ses appartements reprenait donc ce thème. La présente galerie donne à voir depuis 1947 certains de ces éléments décoratifs, présents à l'origine dans l'appartement du souverain : les tapisseries de la tenture des Chasses de Louis XV en forêt de Compiègne, ainsi que les portraits des chiens favoris du roi peints par Oudry et Desportes. La luminosité trop importante et l’état de conservation des tapisseries accrochées ont conduit à envisager une nouvelle présentation des tableaux et des tapisseries, en mars 2004, pour une meilleure conservation des œuvres.

 

Sous le Premier Empire, en 1808, après fusion de deux antichambres, la galerie donnait accès à l'appartement de l'impératrice. Transformée en galerie de tableaux pour Marie-Louise, elle réunissait sur une tenture en moire Terre d'Egypte trente-huit peintures provenant des collections du Louvre, une sculpture de Canova : L'Amour et Psyché, et un groupe de marbre d'après l'antique.

 

Manufacture royale des Gobelins, d'après Oudry, Le Relais, pièce de la tenture des Chasses de Louis XV, Palais de Compiègne