Mariages et séjours royaux à Compiègne

Mariage du roi Léopold Ier avec la princesse Louise-Marie d'Orléans (détail)Lambert Mathieu Rencontres et mariages royaux à CompiègnePrélude à une union royale, le 14 mai 1770 eut lieu à Compiègne la première rencontre entre le Dauphin Louis-Auguste, petit-fils de Louis XV et futur Louis XVI, et l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche. Le mariage fut célébré à Versailles le 16 mai suivant.Près de 40 ans plus tard, le 27 mars 1810, un scénario à peu près identique se répète : Napoléon Ier rencontre à Compiègne l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche, nièce de la reine Marie-Antoinette, et reproduit ainsi le geste dynastique accompli par Louis XV en 1770.C'est au cours d'un séjour qu'il effectue à Compiègne du 18 au 28 décembre 1852 que Napoléon III forme le dessein d'épouser Eugénie de Montijo, comtesse de Teba. Leur union eut lieu à Paris le 29 janvier 1853.Nombre d'unions princières furent célébrées à Compiègne, mais le seul mariage royal dont le château fut le théâtre fut celui de la princesse Louise-Marie d'Orléans, fille du roi Louis-Philippe, avec Léopold Ier, roi des Belges, le 9 août 1832. Marie de Médicis (détail)Frans Pourbus II le jeuneChâteaux de Versailles et de Trianon Les hôtes royaux du château de CompiègneReçues officiellement ou contraintes à l'exil, de nombreuses têtes couronnées séjournèrent au château de Compiègne.Du 7 février au 18 juillet 1631, le château fut la résidence forcée de la reine Marie de Médicis, mère de Louis XIII. Dans le conflit qui opposait la reine au cardinal de Richelieu, le roi avait finalement pris le parti de son ministre. Las des intrigues de sa mère, il l'avait laissée à Compiègne sous bonne garde, mais elle s'en évada et mourut en exil à Cologne en 1642.Mis au ban de l'Empire, l'Electeur de Bavière Maximillien II Emmanuel, fidèle allié de Louis XIV, avait demandé asile et protection au roi de France qui lui accorda l'hospitalité au château de Compiègne d'octobre 1708 à mars 1715.Du 18 juin au 18 septembre 1808, le roi Charles IV d'Espagne que, par le traité de Bayonne, Napoléon Ier avait dépossédé de son trône, séjourna au château de Compiègne. Il était accompagné de la reine d'Etrurie. Les souverains déchus laissèrent les appartements qu'ils avaient occupés en fort mauvais état.Enfin, sous l'Ancien Régime, de nombreux souverains étrangers furent reçus officiellement à Compiègne, tel Charles Quint en 1539, mais c'est surtout sous le Second Empire, à l'occasion des Séries, que la plupart des monarques européens y furent invités, ainsi le roi de Piémont Victor-Emmanuel en 1855, le roi de Prusse Guillaume Ier et le roi des Pays-Bas en 1861, le roi des Belges Léopold Ier en 1863, le roi Louis II de Bavière, le roi du Portugal et l'empereur d'Autriche François-Joseph en 1867.Les derniers hôtes du château de Compiègne ont été le tsar Nicolas II et la tsarine Alexandra Feodorovna. Invités par le président de la République française Emile Loubet, ils y séjournèrent du 18 au 20 septembre 1901. L'impératrice Eugénie à Compiègne et ses dames d'honneur de la 3e série de 1856Edouard Delessert Les Séries de CompiègneSous le Second Empire, le château de Compiègne va devenir un lieu de villégiature privilégié pour la cour impériale. C'est en 1856 que commence ce que l'on appellera par la suite "les Séries de Compiègne". Désormais, sauf en 1860 et 1867, la cour viendra passer de trois à six semaines à Compiègne. Les invités des souverains sont conviés par "séries". Chaque série dure une semaine et comporte une centaine d'invités qui sont logés au château. Ce sont essentiellement des princes, des ambassadeurs, des ministres, des maréchaux, des hauts fonctionnaires et des personnalités appartenant au cercle habituel des souverains. Sont également invitées des personnalités du monde littéraire, artistique et scientifique. L'on verra ainsi aux séries des artistes comme Jean-Baptiste Carpeaux, Thomas Couture, Delacroix, Isabey ou Winterhalter; des écrivains comme Alexandre Dumas fils, Gustave Flaubert, Théophile Gautier ou Alfred de Vigny; des musiciens comme Gounod ou Verdi; des scientifiques comme Claude Bernard ou Pasteur. Prosper Mérimée et Viollet-le-Duc sont deux habitués des séries. Ces séjours de Compiègne obéissent à une sorte de rituel immuable, mais l'étiquette y est moins rigide qu'aux Tuileries ou à Saint-Cloud, ce qui n'est pas pour déplaire à l'impératrice Eugénie.